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Le noyer solitaire (Miaďnak
enkouzéni)
Réalisateur : Frounzé Dovlatian
Pays de production : Arménie
Année de production : 1986
Un
instituteur découvre sur une pierre gravée un texte
ancien confirmant que le village a été fondé il
y a plus de mille ans. Au même moment, le maire du village
décrète la disparition prochaine, au nom du progrès
et du développement... Le village va se diviser en deux
camps et révéler deux attitudes face à l’identité arménienne...
et à la politique.
Sergueï Paradjanov a écrit
un texte magnifique à propos de ce film et de son auteur,
dont voici quelques extraits : « Le
Noyer s’associe pour moi au plus grand des temples, à l’autel
de Pergame. J’y vois et j’y ressens l’union
idéale du sujet et de la composition. Dans le Noyer comme
dans l’autel de Pergame, c’est la pierre - la grâce
et la plastique de la pierre - qui domine. (...) Le Noyer solitaire
est un autel arménien. Avec audace et sincérité,
sans retouche ni imitation, Frounzé Dovlatian accroche à son
sujet tous les éléments de notre caractère
national. On y trouve tout ce qui est propre à notre nation :
le vice et la tendresse, l’intelligence et la passion de
l’âme, l’honnêteté et la noblesse,
la peur et l’intolérance. Le tout se fond en un
autel d’une puissance étonnante. (...) Nous avons
appris à mentir, à faire passer notre pathologie
pour des qualités, nous avons fini par aimer nos maladies
et en devenir esclaves. Il n’est donc pas étonnant
que, dans l’art, nous ayons échangé l’essence
contre la forme, que nous ayons fait passer le thème pour
le contenu. (...) Frounzé Dovlatian est un artiste de
grande envergure. (…) Il dessine le portrait d’un
peuple qui vénère son histoire et construit son
avenir. Le Noyer, c’est le dialogue du réalisateur
avec son temps. (...) L’idée du film est au-delà des
mots. Elle est dans les intonations, les timbres de voix, les
couleurs, les gestes, les regards. Elle est dans l’impression
visuelle et sonore du film tout entier. (...) Je veux conseiller
aux spectateurs d’aller voir ce film avec une âme
palpitante. Alors ils seront visités par la grande joie
de la connaissance. »
J.-P.G.
in "catalogue Festival international du film d'Amiens-2006
Hommage aux studios ARMENFILM"
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